Présentation
Efficacité pédagogique
Conditions de médiations
Coûts & Financement

 

 

 

Présentation

Deux types de médiations pédagogiques complémentaires sont proposés :
les formations et les accompagnements.

Les deux types de médiation pédagogique possèdent en commun la démarche qui justifie leur dénomination.

  La posture du médiateur est moins celle d’un détenteur de savoir que celle d’un « passeur » entre des apprenants et un domaine de connaissance.

Les formations et les accompagnements se distinguent selon leurs destinataires et selon leurs contenus.

Les formations s’adressent à des groupes d’apprenants ; leur contenu porte sur les invariants de l’énoncé ; les connaissances déclaratives y dominent.

Les accompagnements s’adressent à des individus ; la relation duelle permet de travailler la posture d’énonciation ; les connaissances procédurales y dominent.

Formations et accompagnements se complètent : plus qu’un suivi, l’accompagnement est la poursuite, mais à l’échelon individuel et au-delà, de la démarche abordée en formation.

Les médiations pédagogiques se fondent :
- sur une démarche interactive (regard de l’autre) ;
- sur une démarche réflexive (regard sur soi) ;
- sur une démarche contextuelle (situation & type fonctionnel).

Associées à une pratique régulière, les médiations pédagogiques visent à modifier l’attitude et les comportements dans le rapport au texte (écriture, lecture).

 

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Efficacité pédagogique

Le marché de la médiation pédagogique souffre d’un manque de réglementation et de contrôle ; cette situation est d’autant plus regrettable que l’efficacité pédagogique met le sujet-supposé-savoir en situation d’énoncer une batterie de prescriptions et d’en obtenir des effets dans l’immédiat.

La simple démarche aboutie de se trouver en situation pédagogique, la simple application de telle ou telle recommandation — tel ou tel « truc », telle ou telle « recette » — donnée par l’intervenant entraîne des effets, indépendamment de la pertinence, de la validité et de l’efficacité de ladite recommandation ; un peu l’équivalent de ce qui se passe, dans la relation thérapeutique, avec l’effet placebo.

De ce fait même, toute formation, tout formateur et toute batterie de prescriptions se trouvent, lors de leur évaluation finale, victimes d’une « illusion » qui conduit à les surévaluer et qui conforte par là même l’intervenant dans sa position de sujet-supposé-savoir.

En somme, peu importe le contenu de la recommandation — la « prescription » ; ce qui importe reste que la recommandation soit supposée « savoir » la cause de la difficulté, du problème rencontré ; or, la situation pédagogique place l’intervenant, du simple fait de cette place d’où il s’adresse aux apprenants, dans cette position de sujet-supposé-savoir ; son dire devient un « faire » pour rejoindre les thèses d’AUSTIN [5].

Une bonne pédagogie suppose que son évaluation prenne en compte les risques de ce détournement.

 

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Conditions de médiations

Quiconque prétend se poser comme médiateur pédagogique doit réunir au moins trois conditions :
— il doit lui-même pratiquer en tant que professionnel ce qu’il prétend enseigner ;
— il doit posséder un minimum d’ancrage théorique de ses connaissances dans le domaine qu’il enseigne ;
— il doit élaborer une didactique qui repose sur une approche théorique et qui soit en permanence testée et corrigée par la pratique.

Pratiquer en tant que professionnel ce qu’on prétend enseigner suppose une expérience socialement reconnue dans les différentes formes des actes d’écriture : la rédaction professionnelle, la réécriture, la lecture-correction, mais aussi il faut bien s’être confronté à cette difficulté, à cette résistance de l’écriture, et qui est irréductiblement liée au désir même d’écrire.

Posséder un minimum d’ancrage théorique des connaissances dans le domaine enseigné suppose un constant effort d’acquisition de nouvelles connaissances théoriques, de leur évaluation et de leur confrontation, d’une part ; une création d’information originale et pertinente par la mise en relation nouvelle de ces éléments de connaissance ou par la formulation de concepts, la proposition de nouvelles approches, d’autre part...

Élaborer une didactique qui repose sur une approche théorique et qui soit en permanence testée et corrigée par une pratique et un questionnement permanent suppose d’aller au-delà, en ce domaine comme en celui des réponses techniques proposées, de la simple batterie de recettes éprouvées, tel ou tel gadget flatteur et ludique.

 

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Coûts et financements

Dans l’optique d’élargir au plus grand nombre l’accès aux médiations pédagogiques, un tarif différentiel tient compte de deux facteurs :
— pour les formations, entre les possibilités financières des instituts du Sud et celles des instituts du Nord ;
— pour les accompagnements, entre les prises en charges institutionnelles et les prises en charges individuelles.

La formation est souvent considérée comme un service cher, voire hors de prix ; cela tient au fait qu’elle n’est que la partie émergée, visible, du travail.
De même, en ce qui concerne les accompagnements — les tutorats ou les appuis —, il faut bien se représenter la nécessité préalable à chaque séance de travail, d’une immersion dans l’univers scriptural de tel ou tel écrivant, ce qui pose par là même les limites de cette activité, si l’on veut en préserver la qualité.

Un point important est à souligner, celui de la valeur attribuée à la médiation par qui en formule la demande ; cette valeur en signe en quelque sorte l’efficacité pédagogique et les effets attendus ; des actions bénévoles, sans un minimum d’investissement supporté par l’apprenant, ont peu d’effets.

Les médiations pédagogiques peuvent être financées de deux manières :
— sur projet ou bien dans le cadre d’actions programmées ; il s’agit alors de formation à titre institutionnel, qui se déroulent généralement sur site et qui concernent des ressortissants d’un même organisme, des chercheurs associés et des étudiants qui bénéficient de bourses ou bien d’aides de la part de l’organisme ;
— dans le cadre de la formation permanente ; il s’agit alors de formation à titre individuel, qui bénéficie du crédit individuel de formation.

 

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Photo : Alice Desclaux, 2010

Rédaction des contenus : Charles H. A. Masson | Conception graphique et réalisation : Claire Beaudevin

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