L’Édition
Formation de lecteur-réviseur
Lecture-révision de textes scientifiques
Formation
Comment la formation a-t-elle évolué ?
L’Afrique de l’Ouest

 

L’Édition

Je suis arrivé dans le domaine de l’édition, en tant que « packageur »(1) [26] . Chez Larousse, j’ai ainsi proposé un ouvrage pratique : Poissons et Aquariums ([32], FIG. 1) ; il s’agissait d’un assez important ouvrage de plus de trois cents pages, abondamment illustré de dessins originaux et de photographies ; il s’agissait également d’un ouvrage collectif dont j’ai assumé la direction, d’une part, et la réalisation, d’autre part ; j’y ai appris le métier de l’édition auprès d’une éditrice de Larousse, à qui je dois beaucoup, et au regard amical du directeur des éditions de l’époque.


FIG. 1. Couverture de Poissons et Aquariums [32].

Je me suis ainsi formé « sur le tas » en assumant chaque maillon de la chaîne éditoriale, que ce soit dans le traitement du texte, dans l’illustration et dans le traitement graphique ; j’ai dû moi-même écrire et réécrire, dessiner et diriger une équipe de dessinateurs, négocier des droits sur des photos et les traiter, mettre en pages et « monter », etc. ; de même, j’ai dû négocier avec les dix-sept collaborateurs dont de grands scientifiques, comme les professeurs Jacques GERY † ou Jacques DAGET †, et, chez l’éditeur, avec les directions de tous les grands services : fabrication, devis, service de presse, commercial…
Ce fut une expérience inoubliable et un excellent apprentissage. Par la suite, j’ai proposé une collection au même éditeur dont j’ai assumé la direction et qui a compté cinq titres ([1] & [2] ; [9] à [11], FIG. 2) après le « pilote » [33].

     
FIG. 2. — Couverture de deux des cinq titres de la collection Histoire d’un métier de 1900 à nos jours, dirigée par Ch. MASSON ([1] & [2]).

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Formation de lecteur-réviseur

Je suis entré dans le monde de la lecture-révision après avoir été parrainé, comme c’était l’usage à l’époque (2) ; j’ai alors suivi la formation de lecteur-réviseur de Coforma (3), à Paris .

 

Lecture-révision de textes scientifiques

À la fin des années quatre-vingt, j’ai été sollicité comme lecteur-réviseur par l’Orstom (Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération), actuellement IRD (Institut de recherche pour le développement) ; les textes ressortissaient à différentes grandes branches de la science et, à l’intérieur de l’une ou l’autre de ces branches, à des disciplines différentes (des revues, par ex. : Cahiers de Sciences humaines, Revue d’hydrobiologie tropicale, Revue de nématologie, ou des ouvrages, par ex. : [3], [13], [16], [25], etc., FIG. 3).
Il m’a fallu d’abord m’appuyer sur un ensemble de techniques de lecture pour exercer correctement ce travail ; au bout de quelques années de pratique, j’ai été amené à constater la récurrence de certains problèmes des textes, toutes disciplines confondues, chez pratiquement tous les auteurs, à de rares exceptions près.
De la lecture-correction, je suis ainsi passé à la lecture-révision, puis à de la réécriture.

          

FIG. 3. — Couvertures de quelques ouvrages traités en tant que lecteur-réviseur : Tropiques : Lieux et Liens [3], L’Aridité : Une contrainte au développement [25], Un espace sahélien : la mare d’Oursi [13].

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Formation

Lecteur-réviseur indépendant pour le service d’édition de l’Orstom, j’étais amené par mon activité professionnelle à relire et à corriger des textes de publications scientifiques diverses (4) et à y identifier des problèmes communs, répétés et gravement nuisibles à leur lisibilité intellectuelle.
À la suite de discussion avec la responsable des éditions de l’Orstom à l’époque, est née l’idée, plutôt que d’intervenir sur les textes après les auteurs, de donner à ceux-ci les moyens d’améliorer eux-mêmes leurs textes ; ce fut alors la première formation, qui rencontra un certain succès, destinée à des chercheurs ou des doctorants de l’Institut.

 

Comment la formation a-t-elle évolué ?

Au commencement, la formation se montrait extrêmement normative et prescriptive ; au cours de quinze années de pratique, ces formations ont évolué de plus en plus vers la réécriture.
Cette même évolution a conduit, ultérieurement, à proposer en plus des formations des accompagnements fondés sur une démarche duelle et destinés à répondre à des problèmes particuliers, individuels, d’écriture…
Ce rappel permet d’attirer l’attention sur le fait que ces formations ne se sont jamais figées et ne le sont toujours pas aujourd’hui ; elles reposent sur une démarche réflexive et un constant travail de questionnement (5) ; chaque « actualisation » de la formation, en tel lieu, à tel moment et avec tel ou tel groupe, l’enrichit.

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L’Afrique de l’Ouest

Entre décembre 1993 et février 1994, j’ai été envoyé en mission en Afrique de l’Ouest (Burkina et Sénégal) pour y animer une série de formations destinées aux chercheurs expatriés ; pour moi, cela a été un véritable choc ; une découverte et une certitude : j’étais destiné à vivre ici, dans ces pays sahéliens ; quelques mois après, je me suis installé au Burkina Faso d’abord (1994-1998), puis au Sénégal (1998-2010).
L’ampleur des besoins en matière de formation à l’écriture scientifique et technique non couverts par les formations universitaires ou post-universitaires m’a semblé justifier la création de cette entreprise.

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NOTES

1 — Cet emprunt à l’anglo-saxon, que l’on pourrait traduire par réalisateur éditorial, désigne l’opérateur qui propose un concept d’ouvrage ou de collection à un éditeur et, si celui-ci s’en montre intéressé, en assume la réalisation, c’est-à-dire l’ensemble des opérations de pré-presse, soit toutes celles qui précèdent la fabrication elle-même ; c’est un peu l’équivalent, en édition, du producteur exécutif au cinéma ; l’éditeur ne connaît qu’un interlocuteur, le packageur qui lui-même est l’unique interlocuteur de toute la chaîne des intervenants : collaborateurs dans le cas d’un ouvrage collectif, illustrateurs, détenteurs de droit de photographies, graphiste, infographistes, etc. Le packageur dispose d’un budget global qu’il gère et il livre un produit prêt à la fabrication à l’éditeur. Le rôle de ce dernier, outre la production, donc le financement, est de distribuer et de diffuser l’ouvrage.
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2 — Le métier de lecteur-correcteur est assez particulier ; à l’époque, il était surtout pratiqué par des autodidactes, qui exerçaient souvent par ailleurs une activité artistique : écrivains, comme Marcel MOREAU, ou bien peintres, sculpteurs. Pour devenir correcteur, il fallait être doublement coopté.
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3Coforma, créée en 1978 par le Syndicat des correcteurs (1881), devenue Formacom (1998). 19, rue Honoré-d’Estienne-d’Orves, 93500 Pantin. Adresse : <http://www.formacom.net/>.
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4 — Par leur médium (monographies, revues, articles, etc.), par leur grande famille scientifique (sciences de la nature, sciences de l’homme et de la société, par ex.), par leur type fonctionnel (article de recherche, contribution dans un ouvrage de synthèse, actes de colloques, etc.), par le statut de leurs auteurs (étudiants, chercheurs, directeur d’ouvrages, éditeurs sc., etc.), par leurs destinataires (pairs, développeurs, grand public, etc.).
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5 — Ce qui inclut en dernier ressort le risque de révisions ; pour ne donner qu’un seul exemple, les premières formations serinaient à peu près ce discours : « hors du schéma imred (introduction, matériel & méthodes, résultat, discussion), point de salut ! La notoriété du schéma imred (acronyme de « introduction, matériel & méthode, résultat, discussion » ; imrad en angl.) est tout simplement une des conséquences de l’emprise exercée par les sciences expérimentales sur les autres branches de la science ; ce schéma a été proposé par Bradford HILL [7] lors de la convention de Vancouver, en 1978 ; il avait pour origine les sciences biomédicales [15], où, d’ailleurs, traditionnellement, la conclusion n’est pas constituée en partie distincte, mais généralement présentée en dernier, ou en premier, paragraphe de la discussion.
Il s’agit d’un schéma parmi d’autres, citons, par exemple, les structures ilpia, opera [6] ; le schéma imred convient aux sciences expérimentales qui reposent sur une méthode hypothético-déductive ; lorsque, comme en anthropologie, la démarche procède par induction, l’hypothèse n’est plus le point de départ mais celui d’arrivée ! De plus, le schéma imred est conçu pour l’article de recherche, c’est-à-dire un type fonctionnel de document textuel bien particulier ; on conçoit aisément qu’il ne peut convenir ainsi, pour une thèse par exemple.
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