Définition
Conditions
La relation de tutorat

 

 

 

Définition

Un tutorat est un crédit de vingt-quatre séances de travail ; chaque séance n’a pas une durée fixe, même si celle-ci est de l’ordre de l’heure, parfois un peu plus, parfois un peu moins.

Le tutorat ne saurait se confondre avec l’expertise et l’intervenant se substituer à l’expert.

 

Conditions

- Matérielles : le travail se fait en présence (sur Dakar) ou à distance via le logiciel Skype.

- Temporelles : au début du tutorat, une périodicité est fixée, ce qui permet de calculer la durée du tutorat, qui ne peut excéder six mois, et sa date d’achèvement.
Une séance « ratée » par l’écrivant est perdue, car décomptée ; cette contrainte permet de pallier les stratégies d’évitement.

Deux avantages peuvent être tirés de cette règle :

- Le premier, d’ordre purement pratique, libère de la nécessité de tenir le compte du temps passé (sur le crédit d’heures de l’accompagnement) ; le problème de la gestion du temps se trouve ainsi réglé... l’écrivant(e) se trouve en possession d’un crédit de séances, chacune destinée à travailler l’écriture du document à produire, d’une durée moyenne fixée à ces séances, d’une périodicité convenue, d’une durée globale de l’accompagnement, d’une date inscrite de démarrage et d’achèvement : il ne reste plus qu’à s’y mettre !

- Le second aspect est la contrainte ; quoi qu’il arrive, même s’il n’y a pas eu de texte produit entretemps, il y a une séance programmée, et comptabilisée qu’elle se déroule effectivement ou non ; l’objectif est d’éviter la procrastination habituelle que l’on rencontre toujours en matière d’écriture.

- Financières : le coût d’un tutorat est de mille euros dans le cas d’une prise en charge institutionnelle ; dans le cas d’une prise en charge individuelle, nous consulter.

 

La relation de tutorat

La relation de travail engagée entre l’écrivant et l’intervenant vise la réduction d’un écart, celui qui sépare l’intention initiale qui a présidé au texte de l’interprétation qui peut en être faite.

L’originalité du travail, en laquelle réside son efficacité, est que cette interprétation n’est pas celle du lecteur auquel le texte est destiné, mais celle de l’intervenant à qui il ne l’est pas et auquel l’écrivant présuppose un savoir, ce qui le place en situation de s’appuyer sur le texte « déjà-là ».

Quant au moyen de réduire l’écart, il se situe dans la relation de parole qui confronte l’écrivant lorsqu’il s’évertue à expliciter son intention à l’intervenant qui lui fait apparaître l’interprétation renvoyée par le texte même et qui, ainsi, lui révèle l’écart.

La relation de parole de l’écrivant avec l’intervenant revient à réactualiser la dialogisation intérieure de l’écrivant et le polyphonisme de ses discours contradictoires ; en ce sens, l’intervenant incarne la confrontation qui s’est plus ou moins mal résolue à un moment donné dans le texte.

En se « prêtant » ainsi au texte, l’intervenant se situe donc bien du côté du dialogisme intérieur que le texte est censé résoudre, et non pas du côté du dialogisme extérieur que le texte engage avec le lecteur ; à ceci près que ce dialogisme n’est plus strictement « intérieur » puisqu’il prend la forme de la relation de parole entre l’écrivant et l’intervenant.

Nous nous trouvons donc bien loin de l’idée de « corriger » un texte achevé ; la présence de l’intervenant réactualise des « points » où, lors de sa constitution, la dialogisation intérieure de l’écrivant et ses discours contradictoires se sont mal résolus dans le texte qui en conserve la trace ; ce sont ces traces qui, pointées par l’intervenant, à la faveur de tel ou tel « accident » de surface, suscite la parole, le « commentaire » de l’écrivant ; il devient alors possible de mesurer l’écart — et donc de s’atteler à sa réduction —, entre ce que l’écrivant dit, après coup, de son intention et ce qui, dans le texte, s’en lit.

 

  Le travail sur l’énoncé conduit tout droit à un travail sur l’énonciation.
- Ce qui réduit du même coup l’antagonisme dans lequel l’opinion commune oppose le « fond » à la « forme ».
- Dans l’opposition entre l’écrit et la parole, peut, dans le même temps, se trouver le moyen de sa résolution.
- Une dialectique se met en place entre le pensé et l’acte d’écriture et « son caractère créateur du non-déjà-pensé » (Léon CASSIERS, préf. [46]).

 

 

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Photo : Alice Desclaux, 2010

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